Comment Santédiscount finance ses ambitions européennes

Santédiscount vient de lever 2,5 millions d’euros. Pas sous forme de capital mais en dette. Pour Loïc Lagarde, directeur général de la plateforme de e-commerce dédiée à la parapharmacie, c’était la meilleure solution pour booster l’entreprise à l’international. « Contrairement au capital investissement, l’emprunt est un mode de financement non dilutif qui permet aux fondateurs de rester aux manettes », estime-t-il.

Les multiples avantages de l’emprunt

L’opération a aussi le mérite de la simplicité. Pas de tour de table et de négociation sur la valorisation. Le prêt est consenti sur une durée de sept ans … et à des conditions très attractives. Selon la Banque de France, les taux des crédits accordés aux PME restent en moyenne particulièrement bas, à moins de 2%, Mais que l’on ne s’y trompe pas, si les deux établissements bancaires (1,5 million pour le Crédit Agricole, 1 million pour la Société Générale) ont accepté de financer la start-up, c’est que celle-ci présentait des garanties solides limitant la prise de risque.

Des arguments pour convaincre les banques

Tout d’abord, Santédiscount est une start-up plus que « mature ». Fondée en 2008, elle présente désormais une offre convaincante : 15.000 références issues de 450 laboratoires majoritairement français. Grâce à cet assortiment large et à une politique de prix bas, la clientèle s’est élargie à un bon rythme. La PME toulousaine revendique 800.000 commandes envoyées depuis ses débuts. En 2015, son chiffre d’affaires devrait totaliser environ 15 millions d’euros (trois fois plus qu’en 2014). A un tel stade de développement, les banques ont pu disposer de données tangibles pour analyser sur plusieurs années la courbe de croissance de l’entreprise. Le risque n’était pas si important sachant que la banque publique Bpifrance a apporté sa garantie sur une partie de la dette.

Décisif : le profil de l’équipe

Autre facteur rassurant, le marché de la parapharmacie en ligne présente de belles perspectives. « Pour le moment, l’e-parapharmacie ne pèse que 150 millions d’euros, soit moins de 4% du marché global. Alors que dans d’autres pays européens, comme l’Allemagne et l’Angleterre, elle atteint les 10% », fait-on remarquer chez Santédiscount. Le profil de l’équipe a été également décisif. Les deux co-fondateurs, Jean-Gabriel Carrier et Raoul Chiche, sont deux docteurs en pharmacie qui ont l’expertise pour sélectionner les produits et donner des conseils d’utilisation. Loïc Lagarde qui les a rejoint en 2014 a apporté ses compétences en matière de business sur Internet. Ce polytechnicien passé par le MIT a été plus de deux ans Strategy Associate chez Google avant d’être responsable du contenu « divertissement » de YouTube. A lire aussi : Croissance Initiative CCI : un prêt à taux 0 pour les petites entreprises en développement Les fonds empruntés vont aider l’entreprise à se déployer à l’international. Sous le nom de Sanareva, la plateforme vient de se lancer au Royaume-Uni et se prépare à débarquer en Italie et en Espagne. Son objectif est d’atteindre les 100 millions d’euros de CA en 2020.

http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/financer-sa-croissance/comment-santediscount-finance-ses-ambitions-europeennes-206176.php
Par BRUNO ASKENAZI
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